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Creation & Botanical Art

Mary Delany

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Des collages en papier découpé d'une finesse telle qu'on les confond avec des aquarelles, et d'une précision botanique remarquable. Elle les appelle ses « mosaïques de papier ».

L'anecdote veut qu'un morceau de papier rouge, sur sa table de chevet, ait la couleur exacte d'un géranium. Elle en découpe les pétales. À l'automne 1772, elle écrit à sa nièce : « J'ai inventé une nouvelle façon d'imiter les fleurs ».

Elle ne s'arrêtera plus pendant une dizaine d'années.

Le geste, fragment après fragment

Mary Delany travaille à taille réelle, le spécimen posé devant elle. On pense qu'elle disséquait d'abord chaque plante pour l'observer de près.

Elle colore du papier de soie à la main, puis découpe de minuscules fragments : un pour chaque pétale, étamine, calice ou nervure. Chaque nuance a son papier.

Elle les superpose, parfois en plusieurs couches, pour créer l'ombre, la profondeur et le relief. 

Certaines fleurs dépassent 230 pétales de papier, et quelques touches d'aquarelle viennent à l'occasion corriger un détail.

Sur fond noir, un herbier de papier

Mary Delany colle ses fragments sur un fond noir peint à la main. La plante se détache comme sur une page d'herbier, les couleurs gagnent en intensité et chaque pétale en relief. Elle disait que son travail devait imiter un hortus siccus, une collection de fleurs séchées. Un herbier, donc, mais en papier.

Et comme un herbier, il se nourrit de plantes venues de partout : ses amis lui envoient des fleurs de leurs jardins, et le botaniste Joseph Banks, qui supervise les jardins botaniques royaux de Kew, lui fait aussi parvenir des plantes.

Des collages signés, datés, classés

Pour chaque collage, Mary Delany note le nom botanique et le nom courant de la plante, mais aussi la date, le lieu, la personne qui lui a donné la fleur, et un numéro de collection. Elle réunit ensuite ses collages en dix albums, classés selon le système de Linné.

Son monogramme « MD », découpé lui aussi dans le papier, apparaît dans un coin de ses collages. Cette rigueur fait de chaque collage un document autant qu'une œuvre.

Le papier découpé au service de la botanique

Mary Delany n'invente pas le papier découpé. Près d'un siècle plus tôt, la Hollandaise Joanna Koerten s'y était fait un nom : ses silhouettes de papier montées sur fond sombre, des portraits mais aussi des paysages et des fleurs, séduisaient les cours d'Europe. Mary Delany elle-même s'était amusée à découper des portraits en profil avant de se tourner vers les fleurs.

Ce qu'elle change, c'est le but : mettre le papier découpé au service de la botanique, avec la précision d'un document et la présence d'une œuvre.

Elle laisse 985 collages, réunis en dix albums, que sa petite-nièce lègue au British Museum en 1897. Deux d'entre eux sont exposés en permanence dans l'Enlightenment Gallery, renouvelés tous les quelques mois.

Mary Delany ne copie pas la fleur, elle la recompose. Fragment après fragment, elle compose une mémoire du végétal.