Explorations botaniques
Le Jardin Botanique de Palerme, ode à la grandeur sicilienne

Les jardins botaniques sont souvent dotés d'un pouvoir unique et rare : ils arrêtent le temps, vous enracinent et éveillent des ressources de curiosité insoupçonnées.
Ce don, l’Orto Botanico de Palerme le détient peut-être encore davantage que les jardins de sa catégorie.
Par le contraste de son atmosphère apaisante avoisinant pourtant la joyeuse agitation de la capitale sicilienne mais surtout par son charme et élégance surannée, il est aisé de s’imaginer déambuler dans le lieu comme on le faisait au XIXe siècle.
A l'image de nombreux palais endormis de la ville, le lieu tire son charme des patines qui s'épuisent et des murs colorés qui pâlissent et confèrent un charme irrésistible à l'ensemble qui nous saisit dès l'entrée.
L'histoire d'un jardin né au temps des Lumières
Créé en 1779, le jardin fait partie des nombreux lieux de savoir apparus dans le sillage de la fondation de la Regia Accademia degli Studi, souhaité par Ferdinand Ier, roi des Deux-Siciles. Cette année marque alors le début d’un intense mouvement culturel et scientifique en Sicile. Pour cultiver et étudier les plantes médicinales, la chaire de botanique et d’histoire de l’institution décide alors d’implanter un petit jardin botanique qui servira à la recherche, notamment pour la santé publique, et l’enseignement.
Rapidement à l’étroit, le jardin est déplacé à son emplacement actuel et en 1789 commencent à s’édifier les bâtiments de style neo-classique qui accueillent aujourd’hui somptueusement le visiteur. Ce “temple d’entrée” est imaginé par le jeune architecte français Léon Dufourny. Celui-ci n’a encore rien construit mais saisit cette mission pour mettre en application ses nombreuses études réalisées sur les temples antiques de Sicile.




L’architecture et l’organisation du jardin
Parmi les monuments antiques de la Sicile qu’il admirait, l’architecte Léon Dufourny avait une prédilection particulière pour les temples grecs. Les trois bâtiments nés de son trait sont ainsi dans le plus pur style dorique.
Le Gymnasium avait été conçu pour accueillir le siege de la Schola Regia Botanice, de la bibliothèque, de l’herbier, et du logement du directeur. Attenant, le Tepidarium et le Caldarium devaient abriter des serres froides et chaudes.
L’architecte français a aussi tracé l'implantation paysagère de la plus ancienne partie du jardin, selon un schéma rectangulaire ensuite divisé en quatre parallélogrammes.
Le nouveau jardin fut inauguré en 1795 et bénéficia ensuite de nouveaux ajouts tels que l’Aquarium, bassin de plantes aquatiques, et de la serre Marie-Caroline. Le jardin dispose aujourd’hui de plusieurs serres sur une surface totale de 1 470 mètres carrés .




La serre Carolina
Coup de coeur de cette visite, la serre Caroline, offerte par Marie-Caroline d’Autriche (femme de Ferdinand 1er), est aussi dénommée Jardin d’hiver. Charmante et lumineuse, c’est la serre historique du jardin et elle est considérée comme l’une des 10 plus belles serres d’Europe.
Elle abrite des collections très singulières et de grande valeur, avec un total de 56 individus appartenant à 19 familles et 46 espèces. Parmi celles-ci, on trouve Coffea arabica, Mimosa polycarpa var. spegazzinii, Pavetta indica et Malpighia fucata.







L'Aquarium, l'étang et les petits bassins
L’Aquarium est un grand bassin circulaire divisé en 24 compartiments dans lequel ont été ordonnées de nombreuses espèces aquatiques de 16 familles différentes.
L’ensemble aquatique est complété par un petit étang adjacent qui accueille des variétés disposées de manière naturelle.
Les nénuphars sont la famille la plus représentée dans cette partie du jardin. L’Aquarium abrite également le fameux lotus indien (Nelumbo nucifera).



La serre tropicale
Parmi les autres serres, la « serre de la Région » est particulièrement intéressante. Elle accueille des sujets d’espèces venues des climats tropicaux et équatoriaux chauds et humides.


Les agrumes
La Sicile est souvent associée à sa production d’agrumes de grande qualité. Les citrons, les oranges, les mandarines et les pamplemousses s’y épanouissent sous son soleil brûlant et évoquent un patrimoine agricole riche.
La section des collections consacrée aux agrumes était alors forcément incontournable. Visités au mois d’août, ces fruits du soleil étaient forcément encore verts mais de beaux spécimens rares ont pu tout de même être observés en pleine croissance.




Conseils pour chérir vos agrumes
Les agrumes sont des arbres délicats particulièrement lorsqu'ils sont plantés en pots ou en bacs.
Pour maximiser les chances de savourer leurs fruits vitaminés en été, leur taille en fin d'hiver ou début de printemps est primordiale.
Voici quelques conseils pour chérir vos arbres du soleil :
- la période exacte de taille dépend de vos conditions météorologiques locales, surveillez régulièrement votre arbre pour le tailler après les dernières gelées mais avant qu'il ne se mette à produire de nouvelles pousses
- choisissez un sécateur bien affûté pour ne pas abîmer votre arbre et désinfectez bien ses lames pour éviter la propagation de maladies d'une plante à l'autre
- enlevez d'abord toutes les branches mortes, jaunes ou malades, puis les gourmands et enfin le bout de l'excroissance de l'année
- la coupe doit rester légère et être progressive pour s'adapter à la forme naturelle de l'arbre
- pendant le printemps, continuez à surveiller votre arbre, vous pourrez supprimer certaines nouvelles pousses si elles s'avèrent trop nombreuses par endroits ou trop vigoureuses
Entretien des agrumes : Outils & accessoires
Un jardin majeur pour la science botanique
Le jardin botanique de Palerme héberge actuellement plus de 12 000 espèces différentes.
Créé à l'époque des grandes découvertes scientifiques, l’Orto Botanico devint à partir la seconde moitié du 19e siècle et jusqu’au début du 20e siècle, un des jardins botaniques les plus réputés d’Europe.
Ses températures chaudes permettaient d’y acclimater des espèces de la flore tropicale tout juste découvertes. Des relations riches se créèrent avec les régions d'origine des espaces exotiques venues d’Afrique, Asie, Océanie et d’Amérique du Sud.
C’est grâce à ce musée vivant à ciel ouvert que l’on doit l’introduction de certaines espèces telles que le mandarinier (Citrus deliciosa), aujourd’hui répandu et consommé dans tout le bassin méditerranéen.
L’institution accueille aussi un Herbarium, créé au début du 19eme siècle qui abrite aujourd'hui quelque 400 000 espèces végétale et dont certaines sont présentées dans une salle d’exposition à l’accueil.
En quittant les lieux, on se promet d'y retourner hors saison estivale pour véritablement prendre le temps de déambuler dans les allées et de flâner à la terrasse du café.
Orto Botanico
Università degli Studi di Palermo
Via Lincoln, 2
Palerme, Italie















